La valse des poursuites, prise 24184…
Mercredi 26 mars 2008
C'est reparti: les derniers jours ont vu l'introduction d'une multitude de poursuites judiciaires aussi déplorables que ridicules dans le monde de la technologie:
- Gibson, les manufacturiers de guitares, poursuivent Activision, Electronic Arts, Harmonix, Viacom et une bonne demi-douzaine de chaînes de grands magasins, sous prétexte que Guitar Hero et Rock Band violent un de leurs brevets sur la simulation d'une performance musicale. (Oui, il paraît qu'on peut breveter la simulation d'une performance musicale.)
- Une obscure compagnie du nom de Mirror Worlds Technologies poursuit Apple parce que Time Machine violerait son brevet sur la présentation de documents triés selon la date. (Oui, ça aussi, ça serait brevetable.)
- Le iPhone, quant à lui, violerait un brevet sur l'affichage du nom et du numéro de téléphone de la personne qui nous appelle. (Aaaaarrrrrgggh!)
Et Seagate, qui menace maintenant de poursuivre quiconque voudrait fabriquer des disques durs Flash. Misère…
Le problème, c'est que les brevets, aux États-Unis, sont trop faciles à obtenir parce que n'importe quel détail est brevetable et que les inspecteurs qui déterminent si une demande est recevable n'ont souvent pas la moindre idée de ce qui existe déjà… Ou de ce qui est ridicule. (Plusieurs brevets ont été accordés pour des trucs physiquement impossibles à réaliser, comme des machines à mouvement perpétuel.) On aurait bien besoin de quelques personnes comme Albert Einstein, qui travaillait comme inspecteur en brevets (3e classe) dans un bureau suisse pendant qu'il élaborait ses principales théories scientifiques!
En jeux vidéos, les brevets sont une plaie depuis longtemps. Pourquoi n'y avait-il pas de rétroaction dans les contrôleurs de la PS3? À cause d'une poursuite. Pourquoi y a-t-il encore des jeux de course automobile en milieu urbain qui n'ont pas d'indicateur à l'écran pour pointer la direction où aller? Il faudrait payer des droits à Sega (brevet pour Crazy Taxi). Et on ne parle même pas des compagnies-fantômes qui achètent les droits sur des brevets à leurs inventeurs pour une pitance et qui s'assoient dessus pendant des années, dans l'espoir que quelqu'un lance un produit à succès le moindrement semblable et qu'il soit possible de leur extorquer quelques millions…
La Wiimote a été la cible d'une poursuite. Même la compression de données aussi. La liste n'en finit plus. Il faut vraiment avoir du courage (et une armée d'avocats) pour oser encore innover…
– FDL










